La muraille de Chine, un jour d’hiver

The Great Wall – Mutianyu section

Un mur, un pays, une histoire…

Visiter Beijing en hiver, durant les festivités du Nouvel An Chinois, comporte ses désavantages; plusieurs restaurants sont fermés, il y a moins de taxis disponibles, les lieux historiques et les temples sont bondés, mais le jour même du Nouvel An, la Grande Muraille elle, est presque déserte. Un avantage considérable. 

Pourquoi est-ce ainsi? Parce que la tradition veut que la veille et le premier jour du Nouvel An, les familles se réunissent à la maison pour célébrer. Une bénédiction pour nous, étrangers, et notre inconfort à travers les trop grandes foules.

Je l’imaginais impressionnant ce rempart légendaire, mais autant que ça, je n’en suis pas certaine. Le froid et le smog qui envahissaient l’air ce jour-là ont ajouté du mystère et créé une ambiance inoubliable. En soi, la brume polluée n’était pas une bonne nouvelle, mais à ce moment précis, il valait mieux être à cette hauteur qu’au centre-ville de Beijing, croyez-moi. Entre porter un masque pour se protéger d’un taux de PM2.5 à 180 sur la muraille ou un taux de 300+ à Beijing, jumelé à une grisaille dense et inquiétante, nous avons choisis l’option muraille.

Sur nos cinq jours passés dans la Capitale, nous n’avons eu que cette seule journée de forte pollution. Heureusement, car j’ai du mal à envisager vivre au quotidien avec un brouillard pareil.

Lors de la préparation de notre voyage, j’ai pu lire certains blogueurs qui affirmaient que les sections de Badaling et de Mutianyu étaient trop touristiques et que la muraille restaurée perdait ainsi de son charme.

À cette affirmation je répond: si vous êtes un voyageur snob, probablement. Il ne faudrait pas oublier que vous êtes aussi des touristes…

Certaines sections sont en effet moins restaurées et moins aménagées, mais à mon avis, le choix doit davantage reposer sur la façon dont on voyage, les possibilités qui s’offrent à nous et nos envies.

Entre adultes, selon vos capacités, les sections plus reculées sont probablement à votre portée. En revanche, si vous n’êtes de passage à Beijing que pour 3 à 4 jours, qu’il s’agit de votre première visite et que vous voyagez avec deux jeunes enfants de cinq et sept ans, c’est une tout autre histoire.

Badaling, bien que probablement moins authentique à cause de sa reconstruction, me semble tout aussi impressionnante. Il n’y a aucun sentiment de culpabilité à y avoir si vous choisissez de visiter cette section.

En ce qui nous concerne, la section de Mutianyu a su séduire toute la famille. Nos enfants nous parlent même d’y retourner. Pour moi, c’est donc une mission accomplie.

Voici un résumé de notre expérience et quelques conseils pour organiser votre escapade en famille.

Mutianyu en bref:

Cette section s’étend sur 2.2 km à travers de majestueuses montagnes et leurs imposantes crêtes. Elle fut édifiée il y a maintenant plus de 1400 ans.

Ce sont 22 tours de gardes qui jalonnent le parcours balisé.

Située dans le district de Huairou, à plus ou moins 75 km de Beijing (Pékin), elle est notamment reconnue pour ses décors à couper le souffle.

En effet, la forêt recouvre la majeure partie du panorama. Il semblerait également que les collines soient verdoyantes durant l’été et que les arbres soient décorés de fruits et de fleurs rouges ou jaunes en automne. En hiver, on dit qu’elle est souvent couverte de neige, ce qui accentuerait encore plus sa beauté. Il n’y avait rien de tout ça lorsque nous y sommes allés, mais le décor n’en était pas moins saisissant.

Diverses installations touristiques y ont été aménagées dont un téléphérique et une piste de luge (toboggan), permettant de redescendre sans avoir à revenir sur ses pas. Un atout qui suscite encore plus l’intérêt des enfants…

Au sommet, près de l’accès aux télécabines, des toilettes sont accessibles, ainsi qu’un petit restaurant/accommodation. Déguster un bon cappuccino dans ce décor enchanteur vaut à lui seul son pesant d’or.

Comment y aller ?

À partir du centre-ville de Beijing, il y a plusieurs possibilités plus ou moins longues, dont le bus touristique N°867 qui, en partance de la gare routière de Dongzhimen, prend environ 2.5 heures pour atteindre Mutianyu. Celui-ci n’est en service que durant la haute saison qui s’étend de la fin mars à la mi-novembre.

Une option que nous aurions de toute façon exclue avec de jeunes enfants. Les longs trajets n’étant pas trop leur tasse de thé.

Il est aussi possible de prendre le bus N°916, toujours à partir de Dongzhimen, mais le trajet est un peu plus compliqué. Vous devez descendre à Huairou, à 1 heure de route et une fois là-bas, soit trouver un minibus allant à Mutianyu (25 yuans) ou un taxi proposant de vous y conduire. Dans les deux cas, prévoyez un autre 30 minutes de déplacement.

Si vous optez pour le taxi, il vous faudra également négocier avec le chauffeur pour qu’il vous attende et vous ramène à Huairou après votre randonnée. Le prix pour l’aller-retour peut donc varier en fonction du temps que le chauffeur aura à vous attendre. On m’a dit environ 100 yuans pour 2h d’attente. Avec des enfants, je vous souhaitent de marcher très très vite… Si vous ne parler pas mandarin, j’espère également que vos négociations iront bon train. 😉

Selon mon point de vue, pour les familles, l’idéal à cette période de l’année est donc de louer les services d’un chauffeur qui vous attendra sur place et vous ramènera à votre hôtel à la fin de la journée. Si vous optez pour une chaîne hôtelière dites Western, on se chargera sans frais d’organiser ce transport pour vous. Cette façon de procéder est très facilitante avec des enfants.

Nous avons payé 800 RMB (115$US) pour un aller-retour pour 4 personnes directement à partir de l’hôtel. Nous sommes parti à 9h00 et sommes revenu à 17h, porte-à-porte, sans aucun stress. Une journée parfaite.

L’option de luxe certains diront, mais en hiver, en Chine, avec deux jeunes enfants, croyez-moi, ça rend l’aventure beaucoup plus agréable pour tout le monde. Bien sûr, ça dépend de votre budget, mais avec les années, j’ai appris que quelques dollars supplémentaires représentent parfois un faible investissement pour davantage de plaisir…

Alimentation et services de restauration

N’étant pas tout-à-fait certains du genre de commerces que nous pourrions trouver sur les lieux, ni même s’ils seraient ouverts ou fermés, nous avions apportés quelques collations telles que gâteaux aux bananes, sandwichs au beurre d’arachides, barres tendres, compotes à boire, etc., ainsi que le plus important, des bouteilles d’eau. Vive le buffet-déjeuner de l’hôtel!

Finalement, il y avait quelques restaurants d’ouverts, ce qui nous a permis de compléter nos vivres de course et de manger un repas complet avant de repartir en fin de journée.

En haute saison, vous trouverez donc amplement de quoi satisfaire l’appétit des petits et grands.

En ce qui a trait à l’habillement, prévoyez des vêtements chauds et la stratégie multicouche, comme pour n’importe quelle activité de plein air en hiver, ainsi qu’une petite trousse de premier soin, au cas où.

Nous avions apportés nos masques anti-smog que nous avions acheté chez la chaîne française Décathlon, à Shenzhen. Ceci dit, le guide Lonely Planet de la Chine dresse la liste de quelques enseignes à Beijing où il est possible de s’en procurer. Considérez par contre, que lors du Nouvel An, ces commerces risquent d’être fermés.

En conclusion, les sections moins fréquentées et plus rustiques, telle que Jinshanling sont  probablement extraordinaire à découvrir. Si nous retournons à Beijing au cours d’une saison plus chaude, ce tronçon sera au programme de l’aventure. Ceci dit, tout dépend de vous. Il n’y a pas une option de visite meilleure que l’autre, seulement des circonstances particulières de voyage.

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À bientôt!
MAY

Copyright: MAY – Photographie  – All Rights reserved.

798 Art District – Beijing

La plupart des expatriés qui vivent en Chine depuis plus d’un an disent souvent qu’il ne faut pas rester au pays lors des congés nationaux, notamment lors de la fête de la mi-automne, en octobre et lors du Nouvel An Chinois qui lui, a la plupart du temps lieu en février.

C’est vrai que durant ces périodes, les foules atteignent des records un peu partout. En même temps, quand aurons-nous l’occasion de visiter la Chine si ce n’est pas lors de ces vacances qui sont aussi les nôtres…?

C’est un paradoxe qui me perturbe un peu. L’intérêt de venir vivre en Chine, c’est de pouvoir la découvrir.

Bref, fin janvier dernier, (je sais, j’ai pris du retard sur le calendrier…), d’un commun accord, nous avons décidé de nous rendre à Beijing coûte que coûte, afin de découvrir ses attraits et la façon dont les gens vivent lors des célébrations du Chinese New Year.

Comment dire, encore des hauts et bas… Je pourrais écrire un billet complet rien qu’à ce propos. Ça viendra… 😉

Ceci étant dit, notre escapade restera mémorable. Nous y avons découvert des lieux magnifiques, dont le 798 Art District de Beijing (Pékin).

798 Art District Beijing
Quartier 798 Art District

Vous connaissez?

Il s’agit d’une ancienne zone industrielle transformée en quartier hétéroclite, culturel et branché où les artistes chinois de tous les horizons et de tous les styles peuvent faire vivre et rayonner leur art, avec le soutien du gouvernement.

Les locaux qui étaient jadis désaffectés ont été transformés en ateliers et galeries d’art. Quelques designers de mode et plusieurs restaurants, bars et cafés y ont également pignons sur rue.

L’art moderne chinois y est à son apogée. La culture traditionnelle y côtoie aussi bien l’art contemporain que les idées révolutionnaires, communistes ou démocrates.

Vraiment, un gros WOW!

J’aime ce qui est atypique et lorsqu’on a le pouvoir de se réinventer.

L’art rassemble, révèle l’âme, la beauté et la diversité des peuples à travers le monde.

J’ai été éblouie de constater que les Chinois ont aussi cette possibilité de s’exprimer librement, sans aucune censure, contrairement à ce que bien des étrangers croient.

Un brin d’histoire:

798 Art District est situé dans le quartier de Dashanzi, au nord-est de Beijing. À l’origine, il s’agissait d’une zone industrielle électronique qui fut abandonnée à la fin des années 1990. C’est en 2002 qu’un regroupement d’artistes chinois découvrent l’endroit délaissé et décident de le réaménager.

798 Art Zone
Artists tags

Le quartier a bien failli ne jamais voir le jour, puisque qu’il était destiné à être rasé pour la construction d’immeubles communautaires. Or, les artistes obtinrent le soutien du député Jian Xiangdong, lors du 12e congrès national du peuple. Notamment grâce à son appui, le projet de construction fut annulé.

L’endroit est aujourd’hui devenu une référence en matière d’art contemporain chinois.

Si vous allez à Beijing, c’est une façon originale de découvrir la culture chinoise autrement que par ces monuments et musées.

Saison idéale pour la visite:  Avril à Octobre

En janvier et février, je vous le confirme, c’est un peu froid…, mais ça se fait… La seule chose à savoir, c’est que lors du Nouvel An, beaucoup de commerces sont malheureusement fermés.

Pour plus de renseignements consultez Le Petit Journal

Vous avez déjà visité Beijing et le 798 Art District? Je veux connaître vos impressions! N’hésitez pas à commenter.

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Prochain rendez-vous sur la Grande muraille de Chine!

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