3 ans de vie en Chine, dernier bilan

J’encourage les gens à avoir un rêve, si possible fou, grand et impossible. Et à garder en tête que ce n’est pas grave s’ils ne l’atteignent pas. L’importance d’un rêve, c’est de fournir une direction, pas nécessairement une destination. Il faut chérir ses rêves et se laisser guider par nos idéaux, tout en restant ouvert aux possibilités qui se présentent en chemin. Surtout, il ne faut pas se considérer en situation d’échec si, à la fin, on aboutit ailleurs que prévu. Si chaque étape est une expérience positive, alors le résultat final sera le bon…  –  David Saint-Jacques, astronaute.

Bilan et Constats

Ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas publié ici… 

Fidèles lecteurs, j’espère que vous me pardonnerez!  

C’est qu’en 2019, il y a tellement de blogues différents sur la toile qu’on finit par s’y perdre et se dire, mais à quoi bon? Pour avoir du traffic, il faut maîtriser l’art du SEO et que ce soit un emploi à temps plein. Le hic, c’est que je n’ai jamais eu l’intention de devenir un influenceur, alors voilà tout! 

D’entrée de jeu, j’avais créé ce blogue pour partager notre histoire de famille expatriée et qui sait, peut-être inspirer d’autres familles/gens à sortir de leur zone de confort au passage. Au lieu de ne partager que mes états d’âmes, j’ai essayé d’en faire un lieu où on y trouverait de l’information utile, mais comme je ne gagne pas ma vie avec ce blogue et qu’il y avait peu de lecteurs au rendez-vous, en cours de route, j’ai finalement décidé d’investir plus de temps sur ma carrière et mes projets de photographe.

D’ailleurs, passez faire un tour sur mon site Web www.mayphoto.blog si ce n’est pas déjà fait. Vous serez alors au parfum de ce que j’ai réalisé depuis… 

Alors, où en sommes-nous après 3 ans de vie en Chine et une quatrième année bien entamée?

Bien franchement, on ne regrettera jamais d’avoir pris la décision de partir et d’avoir vécu cette expérience. En revanche, vous dire que nous sommes tombés en amour avec la Chine et qu’on souhaite y rester pour la vie, ce serait mentir. 

Que restera t-il à la fin de ce voyage de longue durée? 

Je ne peux pas me prononcer pour mon mari et mes enfants, mais personnellement, je sais que je ne suis fondamentalement plus la même personne qu’avant mon départ. J’ai évoluée. J’ai appris à mieux me connaître et surtout à me reconnaître… C’est-à-dire, à me voir sous mon vrai jour. À accepter mes forces et mes faiblesses. À accepter mon histoire et mon passé également. À vivre plus dans le présent, sans nécessairement négliger le futur. J’ai enfin compris que j’étais capable d’accomplir de grandes choses et j’ai laissé tomber beaucoup de doutes. 

Je ne vous cacherai pas que ce cheminement a été douloureux par moments. Je me suis parfois isolée et souvent sentie exclue. Vous voyez, c’est ça l’expatriation. C’est parfois blanc, parfois noir. Le Yin et le Yang…

En effet, ce symbole très connu (comme sur la photo mise en avant) constitue les deux principes fondamentaux de la philosophie chinoise. 

Complémentaires, ils représentent les deux extrêmes d’un tout et ils coexistent ensemble. Selon les principes taoïstes, les forces de tout ce qui existe dans l’univers sont en mouvement constant. Alors que le mouvement se poursuit, chacune des forces se transforme progressivement en l’autre, du Yin vers le Yang et vice versa. 

Cependant, les deux points à l’intérieur des formes sont là pour nous rappeler que dans l’univers comme dans la vie, rien n’est jamais absolu. Dans chacune des forces opposées se trouve une petite partie de l’autre. En somme, chaque chose a besoin de son contraire pour exister. 

Une si belle philosophie et j’y crois tellement! 

La Chine au quotidien, c’est exactement ça en fait. Après 3 ans, je crois que lorsque je la quitterai, même si c’est une relation amour-haine que j’entretiens avec elle depuis le début, elle fera toujours partie de mon histoire et de celle de ma famille. Nous commençons à peine à en connaître les retombées et les impacts. Notre réalité quotidienne est hors du commun et je suis super fière de tout ce qu’on a accompli ici ensemble. 

D’un autre côté, il y a plusieurs aspects de notre vie que je trouve vraiment difficile. Particulièrement de ne pas pouvoir avoir une conversation profonde avec un ou une vrai(e) ami(e) dans la langue commune. C’est aussi difficile en anglais, car ce n’est pas ma langue maternelle et je ne suis pas parfaitement bilingue. J’ai fais des progrès incroyables depuis mon arrivée, et j’en suis vraiment fière, mais ce n’est pas encore assez, même après 3 ans. Mes amis Québécois et notre beau Canada me manque énormément.

Alors voilà où j’en suis!

Et l’avenir de ce blogue?

Disons qu’il est comme moi appelé à évoluer…

Non, Terres Étrangères ne mourra pas, car ça reste un nom qui me colle à la peau. J’ai d’autres idées en tête pour le futur.

Ceci dit, je vous invite à suivre mon compte Instagram et ma page Facebook dès maintenant si ce n’est pas déjà fait, car je procéderai sous peu à des changements et ce site Web pourrait migrer vers une autre plate-forme.

Par ailleurs, je partagerai dorénavant à propos de la vie à l’étranger et du voyage à travers mon nouveau Webzine (magazine Web) EXPLORE.

Explore Webzine

Je vous invite d’ailleurs à jeter un coup d’oeil à sa première édition dès maintenant en cliquant ICI et à me faire part de vos commentaires constructifs pour les prochains numéros en m’écrivant par courriel à mayphotographie@yahoo.com.  

Je publierai également des articles de blogues en lien avec certains projets photos sur mon site www.mayphoto.blog

Ainsi, si vous n’êtes pas trop médias sociaux, je vous invite grandement à aller me suivre par là, car il y a de nombreux beaux projets à venir! Faites comme pour ici, entrez-y votre adresse courriel pour suivre le blog et le tour sera joué! Nous garderons contact! 

Merci d’avoir été au rendez-vous et de continuer à me suivre dans toutes ces aventures de vie.

On se dit à tout de suite! 

Melissa (MAY) 

Neighbourhood 

Il y a quelques années déjà, il y avait un jeu qui circulait sur Facebook. Je ne me rappelle plus de chacun des détails, mais je me souviens qu’il fallait combiner une date et une destination et écrire qu’on y déménagerait. Je m’étais donc prêté au jeu en lançant à la blague:

– Le (X date, mois, année), je partirai vivre en Chine…

Je me souviens que ça avait suscité beaucoup d’intérêt et de commentaires à l’époque. Autant sur mon compte Facebook qu’à mon travail. J’avais choisi cette destination parce que Dominic, mon complice de vie, y voyageait déjà régulièrement à ce moment. Lorsque je mentionnais à quelqu’un qu’il était en Chine, on me répondait souvent:

– Encore…! Il va finir par déménager là-bas… 

Près de dix années se sont écoulées depuis, et voilà que ma plaisanterie est devenue réalité. La vie est remplie de surprises étonnantes et il faut profiter de chaque seconde.

J’ai toujours rêvé de vivre une expérience de voyage de longue durée à l’étranger. Il y a dix ans, je planifiais un voyage vacances-travail en Australie avec l’organisme SWAP. Ma rencontre avec Dominic a bouleversé mes plans. J’ai choisis l’amour et décidé de mettre de côté le projet pour fonder une famille. Le meilleur choix que j’ai fait dans ma vie. La Chine n’était pas ma destination de rêve. Cependant, après m’être occupé de nos enfants pratiquement seule, durant les voyages d’affaires répétés de Dominic, sur une période de plus ou moins sept ans, je n’aurais pu imaginer ma vie sans jamais y déposer les pieds. J’étais beaucoup trop intriguée par ce pays et par l’Asie en général. Nos enfants songeaient quant à eux depuis longtemps, à se cacher dans la valise de leur père pour l’accompagner jusqu’en Chine. Ça n’a donc pas été trop difficile de les convaincre d’embarquer dans notre projet. Ainsi, nous y voilà! Tous fins prêts à découvrir ses nombreuses richesses historiques et son immense territoire.

Nous habitons dans la ville de Shenzhen, dans le district de Nanshan. Notre quartier se nomme Taoyuancun. Nous avons choisis ce secteur pour sa proximité avec l’école des enfants. Notre appartement est à un coin de rue de celle-ci. C’est vraiment très pratique. Aucune perte de temps et aucun stress dans nos déplacements. Ici, le permis de conduire international n’est pas accepté. Il faut avoir un permis de conduire chinois pour avoir le droit de conduire, mais tu ne veux pas conduire en Chine, surtout quand tu es un étranger. Ce n’est absolument pas nécessaire. Il y a de nombreux commerces, restaurants et marchés de proximité qui vendent tous les produits frais dont on a besoin à chaque jour. Les transports en commun sont ultra efficaces et ne coûtent pratiquement rien, y compris les taxis. De plus, la marche permet de garder la forme et de découvrir les lieux et leurs trésors cachés plus facilement. À pieds, on peut mieux prendre le pouls du quartier, rencontrer les gens et s’adapter à la façon de vivre chinoise. Afin d’augmenter son sentiment d’autonomie dans ses déplacements quotidiens, il y a le vélo, mais il faut le munir d’un bon miroir et d’une sonnette, car on doit composer avec toutes sortes de comportements sur les routes qui ne correspondent pas aux standards nord-américain.

Sur ces quelques mots, si le cœur vous en dit, je vous laisse découvrir en images, le rythme de la vie ici, dans notre quartier.

En mandarin, quartier s’écrit :

街道

et on dit:  Jiēdào

À bientôt!

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